[Ma Mangatheque Idéale #003] Solanin de Inio Asano

Pour ce nouvel épisode de Ma Mangatheque Idéale, je vous emmène aujourd’hui du côté de Solanin d’Inio Asano.

Fiche

  • Titre : Solanin
  • Auteur(e) : Inio Asano
  • Editeur : Kana
  • Date de publication : 2005
  • Type : Seinen
  • Genre :  Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 2 (réédité en intégrale en 2019)

Résumé

Devenir adulte, est-ce renoncer à ses rêves? Meiko et Taneda sont ensembles depuis 6 ans. Taneda vit de petits boulots et rêve que son groupe de musique soit signé dans une maison de disques. Meiko s’ennuie dans son travail et ses sent de plus en plus piégée dans sa vie trop étriquée. Ce n’est pas ce dont ils avaient rêvé, ce dont ils rêvent encore!

Mon avis

Solanin a été prépublié dans la revue Weekly Young Sunday de l’éditeur Shôgakukan entre 2005 et 2006. La série est complète en deux volumes (2005 et 2006 au Japon). En France, ce sont les éditions Kana qui nous proposent cette oeuvre à partir de 2007 puis en 2019 en la publiant de nouveau mais sous forme d’intégrale en un tome, comprenant pour l’occasion deux chapitres inédits chez nous.

A l’époque de Solanin, Asano est un jeune mangaka. Vainqueur du pris des jeunes auteurs du Sunday GX en 2001, il commencera en 2002 à publier « Un monde formidable » (disponible chez Kana), puis en 2004 « Le quartier de la lumière » (disponible chez Kana également). C’est avec l’arrivée de Solanin l’année suivante qu’il change de statut grâce au succès rencontré par cette oeuvre.

Une claque!

Voila ce que j’ai ressenti à la lecture de Solanin. Bien loin de mes lectures habituelles, plutôt orientées Shonen ou Seinen de science fiction ou thriller, j’ai, lors de la sortie de l’intégrale chez Kana début 2019, décidé de lire ce manga tant les critiques à son sujet étaient unanimes. Je pense vraiment que c’était ma première expérience avec les mangas typés « Tranche de vie » et je ne pouvais pas tomber mieux pour continuer dans cette « catégorie ».

C’est l’histoire d’un jeune couple, comme il en existe des tonnes dans le monde. Jeunes, des rêves pleins la tête, vivant sous le même toit, et commençant leur vie d’adulte. Une période charnière dans la vie de chacun qui nous fait osciller entre rêves et désillusions, entre passions et obligations, entre ce que l’on veut et ce que l’on doit faire. Un moment de la vie synonyme, pour bon nombre de jeunes adultes, de malaises et de déprime. Cet instant où l’on prend son envol et que l’on prend conscience de ce qui va avec dans une société où nous revenons sans cesse à l’argent : payer pour se loger, payer pour manger, payer pour aller au travail, etc…

Le réalisme avec lequel Asano dépeint cette période de la vie donne une réelle puissance à ce manga que j’ai trouvé tout simplement bouleversant. On ressent clairement que le mangaka a mis une grande part de lui-même dans ce récit pour qu’il prenne cette dimension.

Il m’est difficile de décrire ce que j’ai ressenti lors de ma lecture mais il est clair que je ne m’attendais pas à une telle force dans cette oeuvre. Certes les différentes critiques, que j’avais lu, l’encensaient mais impossible pour moi d’imaginer cela avant cette lecture. Je pense que j’ai rencontré ce qu’on appelle un chef d’oeuvre n’ayons pas peur des mots.

La patte graphique d’Asano est un régal pour les yeux, les détails dans l’appartement de Meiko et Taneda ou dans la ville, les protagonistes aussi que l’on n’oubliera pas de sitôt. Même si le manga reste empreint d’un certain pessimisme, on y trouve des moments plus chaleureux comme lors de moments avec leurs amis. Mais ils sont relativement courts faisant d’autant plus ressortir la pression de la société dans laquelle vit le couple.

Pour elle, les jeux vidéos semblent être sont plaisirs mais au final perdue dans son quotidien, dans l’orientation qu’elle souhaite donner à sa vie, cela donne plus l’impression qu’elle tâche de passer le temps et de penser à autre chose que de réellement prendre du plaisir.

Pour lui, sa passion se trouve dans la musique, le groupe qu’il forme avec ses amis, et le rêve de pouvoir être produit. Rêve qu’il avait laissé de côté mais qu’il va tenter de mener à bien une dernière fois avant de raccrocher complètement si le groupe ne perce pas. On voit un changement énorme dans la physionomie de Taneda lorsqu’il se lance corps et âme dans ce qu’il aime le plus, son visage las et désabusé s’éclaire de nouveau, il ne semble plus porter le poids du monde sur ses épaules mais au contraire fait ressortir tout ce qu’il avait au fond de lui. Même sa petite amie semble le redécouvrir.

Le plaisir retrouvé de Taneda

Sans spoiler la suite de ce manga, Solanin reste un drame et apportera son lot de moments bouleversant, mais fera aussi ressortir la force qui peut résulter d’un groupe d’amis.

Les 2 chapitres ajoutés dans cette version intégrale, apporte pour le premier un peu de nostalgie je pense aux lecteurs de la première heure en retrouvant l’appartement de notre jeune couple. Mais le deuxième lui apporte une nouvelle fin puisqu’il nous permet de découvrir ce qu’il est advenu quelques années plus tard.

Le manga dans sa version d’origine (sans le chapitre supplémentaire de la réédition), s’achève, je trouve, de manière plutôt en demi teinte avec cette phrase de Meiko « Aujourd’hui, c’est comme ça », qui sonne comme une victoire du quotidien écrasant sur les rêves de jeunesse. Le nouveau chapitre donne lui une vision moins pessimiste de la vie. Le passé reste ce qu’il est bien évidemment et ne sera jamais effacé mais les protagonistes semblent moins étriqués dans leur quotidien, moins oppressés par la vie et semble avoir trouvé leur place et un surtout un équilibre.

En résumé, je ne peux que vous conseiller de lire ce manga. On a tous nos préférences en terme de style ou de thématiques mais je pense que la lecture ne laissera personne indifférent. Pour ma part je suis réellement content d’être sorti de ma « zone de confort » de lecture, c’est bien plus qu’un coup de coeur que j’ai eu lors de ma lecture. Je n’ai à l’heure actuelle pas essayer d’autres oeuvres d’Inio Asano mais ça ne saurait tarder.

Solanin fait parti de ces œuvres qui nous touchent, nous bouleversent. Des lectures dont on ne ressort pas indemne, clairement lessivé par la force des propos qu’on y trouve et la puissance des sentiments qu’elles font ressortir.

Même s’il m’est compliqué de poser de réels mots sur ce que j’ai pu ressentir, j’espère que c’est quelques lignes vous auront convaincu de lire ce manga si ce n’est pas encore fait.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour me donner votre avis sur ce manga.

10 commentaires sur “[Ma Mangatheque Idéale #003] Solanin de Inio Asano

      1. Je l’ai beaucoup aimé aussi ! Portrait d’une immonde ordure très ambigu compte tenu du fait que le personnage est mangaka. J’ai proposé une interprétation personnelle sur le blog si ça t’intéresse une fois que tu auras lu le manga !

        Aimé par 1 personne

    1. Oui c’est vraiment un chef d’œuvre, je l’ai pris par curiosité l’an dernier pour la sortie de l’intégrale, et je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais c’était un moment de lecture comme j’en ai rarement vécu je pense!

      Aimé par 1 personne

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