Le péché originel de Takopi de Taizan 5

Fiche

  • Titre : Le péché originel de Takopi
  • Auteur : Taizan 5
  • Editeur : Pika
  • Date de publication française : 25 janvier 2023
  • Type : Shonen
  • Genre : Tranche de vie / Drame
  • Nb de volumes parus : 2

Résumé

Takopi est un petit extraterrestre arrivé tout droit de la planète Happy, pour répandre la joie sur Terre ! Sauf que la première personne à lui tendre la main est Shizuka, une fillette au visage infiniment triste… Aussitôt, Takopi se donne pour mission de lui rendre le sourire à l’aide de ses fantastiques “happy gadgets” ! Mais le petit alien est loin d’imaginer la noirceur de l’environnement dans lequel évolue l’écolière. L’innocence et la bonne volonté de Takopi vont peu à peu l’entraîner dans une situation inextricable… Jusqu’à ce que le pire se produise.

Mon avis

Annoncé fin septembre 2022, Le péché originel de Takopi était une des grosses attentes de ce début d’année de mon côté de par les thèmes abordés. Je remercie donc Pika pour l’envoi des tomes, vous pouvez retrouver un extrait ICI.

Prépublié en ligne dans Shonen Jump + entre 2021 et 2022, le titre arrive donc en 2023 chez nous auréolé d’un million de lecteurs au Japon et d’une réputation de titre dur et très fort en émotion. Suivant peu ce qui se fait au Japon, j’ai découvert le titre lors de son annonce par l’éditeur sur les réseaux et il fait partie de ces titres qui suscitent un fort engouement du public lors de leur annonce. Une hype que je fuis généralement mais dans ce cas précis avec des thématiques si fortes et un titre annoncé comme bouleversant (ce que j’ai plus facilement de facilité à croire dans ce cas que dans d’autres) je l’attendais moi aussi énormément. Alors qu’en est il après lecture?

Tout d’abord Le péché originel de Takopi de quoi ça parle. Takopi est un petit extraterrestre qui arrive de la planète « Happy » et qui a pour but de rendre heureux les gens qu’il croise. Dans son monde, tout le monde est heureux donc difficile d’imaginer et de comprendre ce que vis la petite Shizuka qu’il rencontre lors de son arrivée. Harcèlement scolaire que ce soit verbal ou physique, parents absents entre un père qui n’est plus là et une mère escort girl qui la laisse vivre dans un taudis, la vie de la petite fille n’est rien de plus qu’un enfer. Le petit alien essaye de son côté de lui donner le sourire comme il le peut malgré sa naïveté à l’aide de ses happy gadgets, mais bien évidemment aucun n’attire la petite fille. Et pourtant, elle va accepter le ruban de la réconciliation que lui propose Takopi, mais bien loin de s’en servir comme l’imagine le petit « happien », Shizuka va se pendre et mettre fin à ses jours. Ayant enfreint les lois de son monde en donnant un de ses happy gadgets à un non happien, il décide de revenir dans le passé grâce à un de ses gadgets pour mieux comprendre la petite fille et la sauver. Bien sûr chaque tentative et chaque interférence de Takopi sur les évènements de la vie de Shizuka auront des répercussions bien au delà de la petite fille et dans ce genre de situation l’effet papillon n’est jamais loin.

Le titre se lit bien et une fois dedans on a envie de connaitre la fin, le quotidien de la petite Shizuka est un enfer et on se demande comment le naïf Takopi va pouvoir l’aider d’une part et quelles répercussions auront sur lui toutes ces violences qu’il ne connaissait pas jusque là. Si le « happien » contrebalance un temps le récit en étant en total décalage avec le ton dramatique des évènements, il se retrouve vite rattrapé par tout ça. Takopi me semble de mon point de vue une représentation de l’enfant innocent (qu’on ne trouve pas dans les autres personnages), ses réactions et sa volonté de vouloir redonner le sourire aux personnes auxquelles il tient avec des choses qui peuvent paraitre totalement idiote sur le moment, me donnent vraiment la sensation de voir les réactions d’un enfant qui n’est pas sali par la vie ou la violence. On y voit du coup la transformation d’un être « pur » en un être qui finalement va se trouver transformé par la peur des autres, les violences physiques, jusqu’à devenir finalement lui aussi un être violent.

A côté de ça le manga, traite beaucoup de sujets mais malheureusement sans entrer vraiment dans le cœur de chacun, difficile en 2 tomes. On est d’accord et bien que les tenants et les aboutissants dans ce genre de situation sont complexes j’aurais aimé que certains points y soient un peu plus approfondis, je pense par exemple à l’impact que peut avoir le fait d’intégrer les enfants dans des sujets qui ne les concerne pas ou en tout cas pas à ce point. Si l’on prend le cas de Marina, la séparation de parents est une épreuve déjà en soi pour les enfants mais le fait qu’elle sache qui son père voit, que ses parents l’implique dans les discussions violentes lui demandant de choisir un parti, etc… ne fait qu’envenimer une situation déjà compliqué, et lui donnant du coup une personne à blâmer et sur laquelle déverser toute sa colère en la personne de Shizuka.

Ou encore les attentes des parents qui n’apporte que de l’anxiété chez les enfants, des comparaisons toxiques au sein des fratries, dont le pauvre Azuma fait les frais depuis qu’il est petit. Lui qui ne vit que dans l’ombre de son frère et dans l’espoir d’un jour combler les attentes démesurées d’une mère horrible. Son implication auprès de Shizuka et Takopi est portée par cette envie de satisfaire quelqu’un de se sentir pour une fois « utile » et « aimé ».

Si le titre aborde tout ces sujets d’utilité publique, le titre me semble rester trop en surface de toutes ces thématiques, libre à chacun peut être d’y forger ses propres réflexions et de maturer tout ça. Mais c’est dommage de mon point de vue, car j’attendais tout d’abord un titre extrêmement dur et choquant, et même si il y a certaines scènes chocs je m’attendais à me sentir plus investi émotionnellement parlant, un titre dur à digérer. Alors nous sommes tous différents et je suis sûr que certains y trouveront un côté très dur mais j’en attendais plus. Par contre, je ne m’attendais à y trouver un côté plus « didactique » sur le sujet et tant mieux mais du coup ça manque d’un peu plus de profondeur.

Le péché originel de Takopi était une de mes grosses attentes de ce début d’année et je reste malheureusement sur ma faim et déçu à la sortie. Loin d’être déplaisant et dénué de qualité comme j’ai pu le dire plus haut, le titre ne fait qu’effleurer la surface des problèmes et n’a pas su véhiculer chez moi les émotions si intenses promises. J’espère malgré tout qu’il permettra d’éveiller quelques réflexions sur les problématiques de harcèlement mais aussi sur la part importante des parents dans les mal êtres et dysfonctionnements des enfants qui ne sont de bases ni nés violents ni haineux…

MMA – Mixed Martial Artists tome 1 & 2 de Hiroki Endo

Fiche

  • Titre : MMA – Mixed Martial Artists
  • Auteur : Hiroki Endo
  • Editeur : Pika
  • Date de publication française : 12 octobre 2022
  • Type : Shonen
  • Genre : Sport / Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 2 (En cours de parution)

Résumé

Mixed martial arts, free fight, Shooto…
Plusieurs mots pour définir la même forme de combat qui réunit tous les arts martiaux en une seule et même discipline hybride, complète, sans faille. Meguru, lycéen pratiquant cet art assidûment, tombe par hasard lors d’un tournoi sur son ami d’enfance, Takashi, qu’il n’avait pas vu depuis sept ans. Mais les environnements opposés dans lesquels ils ont grandi semblent avoir créé un fossé entre eux, et Takashi ne paraît plus éprouver que de l’animosité envers Meguru… Le couperet tombe alors: Takashi sera son adversaire pour son premier match !

Mon avis

Tout d’abord merci à Pika pour l’envoi de ces 2 tomes, vous pouvez trouver un extrait du premier tome juste ici.

Hiroki Endo semble avoir le vent en poupe, après les sorties en version perfect d’Eden it’s an endless world et de ses histoires courtes chez Panini, c’est Pika qui fin 2022 a entamé la réédition d’une autres oeuvres du mangaka avec MMA. Réédition car le titre avait déjà connu une brève apparition sur le marché francophone dans les années 2011 chez Panini encore une fois mais stoppée après seulement 3 tomes…. Aujourd’hui c’est donc au sein de la collection sport addict de Pika que le titre fait son retour non plus sous le nom de All rounder Meguru mais de MMA – Mixed Martial Artists. Le titre a été publié au Japon entre 2009 et 2016 pour un total de 19 volumes.

De quoi ça parle? Meguru est un jeune lycéen qui pratique le shooto en club, un sport exigeant mais qu’il exerce purement pour le plaisir sans rechercher absolument la performance et sans y voir un avenir. Au cours d’un tournoi il se retrouve confronter à un certain Takashi qui n’est autre qu’un ami d’enfance qu’il avait perdu de vue depuis 7 ans. Son ancien devenu très taciturne ne lui fait aucun cadeau et sort vainqueur de cet affrontement. Après ce combat, qui va tenir meguru éloigné des affrontements pour quelques temps, celui ci va finalement intégrer les entrainements pro de son club. Entrainement spartiate et palette impressionnante de techniques seront maintenant son quotidien pour pouvoir espérer devenir quelqu’un dans ce sport.

Loin de se contenter de nous narrer la progression de Meguru ou de faire défiler des combats sous nos yeux, au regard de ces 2 premiers volumes Endo semble nous prendre par la main pour nous faire pleinement découvrir ce sport. On découvre en même temps que notre jeune sportif les différentes techniques, l’auteur n’hésitant pas à faire en sorte que l’on puisse nous aussi comprendre les mouvements étape par étape. Pour les techniques et dénominations plus basiques on se retrouve avec un glossaire en fin de tome qui nous explique chaque terme. Et je trouve que c’est le meilleur moyen pour arriver à nous embarquer dans un récit sportif et force est de constater que sur ces 2 premiers volumes ça marche!

Au delà du côté purement sportif, on sent la volonté du mangaka de se servir de ce point de départ pour parler de l’humain, des envies, des peurs, des zones d’ombres, des personnages qu’il met en scène. Entre un Takahashi qui n’a vécu ses 7 dernières années que pour se venger et qui va devoir apprendre à se reconstruire, Meguru qui vit avec sa sœur chez leur grand mère, Maki qui ne veut pas entendre parler d’autres choses que de kick-boxing. On aborde dès ces 2 premiers tomes la question de la précarité des combattants pro, le cumul de leur emploi pour subvenir à leurs besoins, des entrainements, et le besoin d’une motivation autre que l’argent pour poursuivre à ce niveau.

Si le premier tome se focalise sur des personnages masculins, le deuxième tome lui permet de rééquilibrer un peu en introduisant Maria la nouvelle coach des entrainements pro ainsi que Maki une jeune combattante de kick boxing qui ne veut pas entendre parler de MMA alors qu’elle n’a aucune adversaire dans sa catégorie. Un grand bien pour le titre car le premier tome manquait cruellement de mixité. J’espère que du coup le reste de la série se construira sur un parallèle entre les différents combattants et combattantes.

De mon côté c’est donc un très bon début que propose le mangaka, bien aidé par le côté très didactique qu’il a mis en place dans ces 2 premiers volumes nous permettant de nous immerger plus facilement dans le milieu du Shooto. Si Meguru n’est pas le petit génie qu’on trouve dans bon nombre de titres sportifs sa capacité à reproduire certains gestes ou techniques qu’il encaisse font de lui un combattant au fort potentiel. Comme je l’ai dit plus haut j’attends beaucoup de la dimension humaine du titre mais il y a fort à parier que nous ne serons pas en reste avec Endo aux manettes!

Quoi de neuf cette semaine? #40

Bienvenue dans ce nouveau numéro de « Quoi de neuf cette semaine? », qui permettra de faire un point chaque semaine sur les lectures de la semaine passée et ce qui m’attend cette semaine. Ce rendez vous ne sera pas forcément le lundi cela dépendra de ma disponibilité mais j’essaierai d’être le plus régulier possible dans son rythme de parution.

Petit rythme de lecture cette semaine encore. Un prévisionnel chamboulé au passage par le dernier tome de montage enfin de retour dans ma médiathèque et la réception des 2 premiers tomes de MMA chez Pika que je remercie pour l’envoi!

Coup d’oeil dans le rétro

Nouvelle semaine et un rythme en de ça de ce que j’aurais souhaité malgré tout, les lectures que j’ai eu mon pleinement satisfaites!

Tout d’abord Montage dont j’attendais désespérément de pouvoir lire ce dernier tome. Oui l’attente a été longue tout simplement parce que j’ai lu cette série via la médiathèque et que le dernier tome est resté très longtemps emprunté, tellement longtemps que je commençais à désespérer de le voir revenir en stock un jour. Mais miracle de 2023 il est enfin revenu me laissant enfin la possibilité de lire l’épilogue de ce manga. Et que dire si ce n’est que du début à la fin la lecture a été vraiment au top, un rythme haletant, des révélations qui apportent à chaque fois leur lot de nouvelles questions, Watanabe maitrise son sujet. Je dois avouer avoir eu un peu peur à un moment qu’on tourne en rond et que l’auteur joue la carte du méchant invincible avec Jiro Sekiguchi mais finalement non. Bref une série à lire!

Découverte de la série MMA de Hiroki Endo cette semaine avec la lecture des 2 premiers tomes. Une entrée en matière pour le nouveau titre de la collection sport addict de chez Pika, qui intègre donc un sacré titre. Au delà de l’aspect purement sportif du titre, on sent dès le début la volonté du mangaka d’explorer les relations humaines, les zones d’ombres de chacun. Un très bon moment de lecture! Je reviendrai plus longuement sur cette lecture rapidement dans un article dédié!

Autre découverte avec la lecture du premier volume de la sorcière aux champignons, titre dont j’avais entendu parler via twitter chez plusieurs personnes que je suis. Le titre propose de suivre Luna une sorcière noire qui vit dans une forêt et qui se rend ponctuellement en ville pour y vendre ses potions (et au passage acheter des livres). Son corps dégageant des vapeurs toxiques et faisant pousser des champignons sur son passage, elle est fui par les villageois qui ne voient en elle que malheur. Derrière un trait tout doux et vraiment magnifique, l’autrice nous entraine suivre le quotidien de Luna qui derrière sa timidité et ses « j’ai l’habitude » cache un mal-être de ne pouvoir être en contact avec les autres et d’être ainsi rejetée. Ce premier contact était excellent et j’espère que ma médiathèque fera vite rentrer la suite! Si je chipote j’aurais aimé un peu moins de bonus dans le volume ^^’

A suivre?

Pour la suite, comme vous l’avez vu j’ai dévié de mes prévisions, mais je compte bien avancer Kasane et Demande à Modigliani rapidement!

Et plus encore?

Démarrage des 2 challenges! Côté JV j’ai démarré Mystic Legend sur lequel j’avance tranquillement. Pour celles et ceux qui connaissent le jeu, je suis sur l’aéronef. Le jeu n’est pas déplaisant mais commence à souffrir des années qui passent en particulier sur la gestion des armes et de l’inventaire qui sont chronophage…

Côté manga, j’ai emprunté les 5 premiers volumes de Nana qui ouvrira donc prochainement le bal de ces 12 recommandations!

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine et de belles lectures à toutes et tous et n’hésitez pas à me dire ce que vous avez lu la semaine dernière et ce que vous avez prévu pour cette nouvelle semaine!

Le siège des éxilées de Akane Torikai

Fiche

  • Titre : Le siège des éxilées
  • Auteur : Akane Torikai
  • Editeur : Akata
  • Date de publication française : 11 février 2021
  • Type : Josei
  • Genre : Science Fiction
  • Nb de volumes parus : 2

Résumé

Quelque part, en Asie, dans le futur… Depuis plusieurs années, il ne naît presque plus d’hommes. Ces derniers sont souvent réduits à leur rôle de partenaire reproducteur. La société s’est construite autour d’un système matriarcal. Ni guerres ni conflits ne viennent perturber le quotidien et l’équilibre. Mais certaines ont décidé de fuir la ville. Elles se sont installées à l’extérieur, dans un bidonville. C’est là que demeure Sanada. Cette dernière possède un secret… un secret qui pourrait bien attiser la convoitise de ses congénères.

Mon avis

A peine remis de ma lecture de Wombs, que me voilà replongé dans un autre titre de SF. Il faut dire qu’il est dur de résister quand on me parle de dystopie, et quand en plus on ajoute à ça le nom d’Akane Torikai… Je continue d’explorer l’univers de la science-fiction au féminin que l’éditeur Akata a souhaité mettre en avant, en espérant que ce titre me plaira autant que le précédent!

Le siège des exilées ça parle de quoi? Dans le futur, quand on ne sait pas, les hommes sont devenus rares, les naissances se sont raréfiés, et n’ont plus qu’une place de reproducteur, dans une société matriarcale. Il y a d’un côté la ville et de l’autre un bidonville dans lequel plusieurs femmes ont décidé de vivre fuyant la grande ville qui semble contrôler le quotidien de chacun. On y trouve Sanada, une jeune femme spécialiste de l’acupuncture et un homme du nom Reihô. Leur quotidien dans le bidonville synonyme de misère, leur permet malgré tout d’être libre de vivre comme ils l’entendent. Possédant chacun un secret, ils n’ont eu d’autre choix que de vivre ici.

Torikai s’attaque ici à la dystopie, un genre que j’affectionne particulièrement et on peut dire que l’exercice est réussi. Ce que j’aime dans une dystopie c’est de me retrouver dans un monde qui finalement pourrait très bien exister dès aujourd’hui sans recours à des avancées technologiques ou scientifiques phénoménales. Et ici je retrouve, ce que j’ai pu trouver dans des titres classiques comme la servante écarlate ou 1984, une société qui dirige et contrôle tout mais que rien n’empêcherait d’exister dès aujourd’hui. Maintenir la population dans l’ignorance, en asservir une partie, c’est ce qu’on retrouve ici. On se confronte aussi à une société dans laquelle, les femmes ont décidé de renverser le patriarcat et les injustices (au bas mot) liées à ce système, en fondant son strict opposé. Les personnages que l’on croise se questionneront sur cette société, leurs envies, leur place, mais aussi sur la mise en perspective de leur bonheur et leurs envies vis à vis du bien de la société.

Car tout a été mis en place pour le bien commun, le renversement d’un système et la mise en place d’un autre pour que les femmes n’aient plus à souffrir et plus globalement l’humanité. Car dans la société matriarcale que nous dépeint la mangaka, il n’y a plus de guerre, plus d’asservissement de la femme, pas de violence comme elles ont pu en subir. Malgré tout, cette société ne convient pas à toutes, enfermant tout le monde dans l’ignorance. L’ignorance des rapports entre homme et femme, l’ignorance de la procréation, devoir ignorer ses propres désirs pour le bien des autres. Une société qui finalement va dans le mur ayant été jusqu’au boutiste dans sa démarche, et faisant ressortir le fameux « l’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Si le titre m’a beaucoup plu de manière globale, j’y trouve quelques facilités et une fin un peu expédiée (c’est un peu facile l’infiltration dans le lieu le plus important de cette société et pourtant hautement sécurisé, non?). Malgré ça le titre est vraiment très bon et en amateur de dystopie, j’ai beaucoup aimé retrouver ce genre en manga. Le trait réaliste d’Akane Torikai est un vrai bonbon, tout comme son traitement des différents protagonistes et de leur problématique/mal-être. A lire sans hésitation, en seulement 2 tomes en plus!

Quoi de neuf cette semaine? #39

Bienvenue dans ce nouveau numéro de « Quoi de neuf cette semaine? », qui permettra de faire un point chaque semaine sur les lectures de la semaine passée et ce qui m’attend cette semaine. Ce rendez vous ne sera pas forcément le lundi cela dépendra de ma disponibilité mais j’essaierai d’être le plus régulier possible dans son rythme de parution.

Premier Quoi de neuf cette semaine de l’année, et assez peu de lecture la semaine dernière, la faute a un rythme perso assez soutenu en ce moment mais j’ai malgré tout pu reprendre le chemin des mangas depuis dimanche. On va se faire un petit tour d’horizon des derniers titres que j’ai lu au passage en fin d’année et dont je n’ai pas parlé!

Coup d’oeil dans le rétro

J’ai été fortement gâté sur le mois de décembre et du coup ma PAL s’est remplie assez fortement et y en a pour tous les goûts! Du Blue giant, du Kasane, du GITS, du Clamp, du Demande à Modigliani et j’en passe! Bref de quoi me tenir pour un petit moment je pense.

Avant le départ en vacances j’avais du coup démarré ma lecture de Kasane, ayant découvert l’autrice en 2022 avec la danse du soleil et de la lune qui m’a beaucoup plu, j’ai souhaité découvrir son autre manga dont j’ai entendu beaucoup de bien. Et sur les 4 premiers tomes, je comprends tout le bien qu’on en pense. Daruma Matsuura nous fait suivre Kasane une jeune femme qui rêve de devenir comme sa mère une actrice de théâtre. Seulement Kasane est d’une laideur qu’elle ne peut occuper une place autant en lumière, sans compter le harcèlement dont elle fait preuve, elle qui est pourtant si talentueuse. Mais elle va se souvenir de paroles de sa mère et va trouver le remède à ses problèmes : un rouge à lèvre qui lui permet de voler le visage de la personne qu’elle embrassera. Un jeu dangereux dans lequel Kasane peut gagner ce qu’elle désire tant mais aussi tout perdre. Le titre est juste fascinant jusque là, Kasane est prête à tout pour vivre la vie qu’elle veut et que sa laideur lui a volé jusque là. Elle qui a vécu dans l’ombre compte bien briller quitte à briser la vie des autres. Kasane est détestable par ses actions mais on ne peut s’empêcher de vouloir que que l’illusion dure encore pour elle. J’aime beaucoup la mise en perspective des différentes vies et vision que propose la mangaka, où chacun pense avoir la pire vie possible en comparaison de l’autre sans vraiment réfléchir à la globalité de la situation. J’ai hâte d’arriver au bout!

Autre découverte de fin d’année, Demande à Modigliani! Un titre que je vois souvent passer en conseil par des personnes que je suis sur twitter et un titre sur lequel l’éditeur Naban communique régulièrement sur les faibles ventes. Quelle tristesse! Le titre est tout simplement excellent, il parle vrai, il est à la fois drôle, touchant, profond. Les 3 étudiants en art et amis se questionnent sur la vie, sur l’avenir, sur leur rapport à leur art et leur passion, et ça tape juste bien souvent. J’y retrouve justement cette justesse et cette authenticité que j’ai trouvé dans Trait pour trait et qui m’a profondément touchées. Je ne suis pas un manuel et encore moins un grand adepte d’art mais ce que propose Ikue Aizawa me parle et me touche. N’est ce pas ça ce que l’on recherche dans nos lectures? Et tout ça juste en ayant lu le tome 1, ça annonce un gros coup de coeur pour cette série qui mérite comme le disent certains, et à raison, bien plus de visibilité!

A suivre?

Priorité à ces 2 séries que je compte finir d’ici la fin du mois!

Et plus encore?

A côté je continue mon marathon Final Fantasy en jouant actuellement à l’épisode IV sur DS. Mais je me suis prêté au jeu twitter du 12 xxxx par 12 amis, et j’ai donc eu 12 jeux de proposer pour cette année et aussi 12 mangas que je vous mets en photo. Merci à celles et ceux qui ont joué le jeu et qui se sont armés de patience puisque le deal pour la partie manga était que les titres soient dans ma PAL ou dispo en médiathèque vers chez moi. Côté JV j’avais demandé une liste full rétro donc merci même à DocteurChips qui m’a glissé un cadeau empoisonné! En tout cas il y a de belles heures de lecture et de jeux en prévisions mais je ne sais pas encore par quel titre ou jeu je commencerai.

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine et de belles lectures à toutes et tous et n’hésitez pas à me dire ce que vous avez lu la semaine dernière et ce que vous avez prévu pour cette nouvelle semaine!

Au revoir 2022, et top départ pour 2023

Ça y est l’année 2022 est derrière nous. Une année qui aura amené avec elle son lot de surprises, d’aventures, de joie, de déception. Comme chaque année me direz vous et vous n’avez pas tort mais à titre personnel cette année aura été celle des débuts de l’école de notre plus grand, des premiers pas de sa petite sœur, de la suite de nos marques à prendre dans notre vie à 4.

Côté blog, on se rapproche de la troisième année à grand pas, et malgré un rythme moins soutenu vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à lire ce que je partage et ça me fait grandement plaisir! J’espère écrire un peu plus cette année, reprendre aussi les « A la découverte du blogueur/blogueuse ». La grosse nouveauté de cette année c’est le début de l’aventure « Le podcast de la Clique », après avoir discuté entre nous pendant des mois on a fini par se lancer et vous partager chaque mois nos avis et ressentis sur divers sujets autour du manga. Un chouette moment avec les copains malgré le fait de devoir composer avec les avis désastreux de certains. Dans l’attente d’un site et du redécoupage des audios des différents épisodes vous pouvez toujours retrouver les replays sur twitter sur la page de Vagabond!

Mon top 5 de 2022

Pour cette année 2022 j’ai levé le pied sur les achats et j’ai pas mal consommé en médiathèque du coup. Malgré tout je me suis procuré plusieurs titres qui me faisaient de l’oeil dans les plannings des différents éditeurs!

On commence par mon top 5 des nouveautés de cette année 2022!

Nina du royaume aux étoiles

Voila un titre qui semble être passé sous les radars de pas mal de monde et qui pourtant m’a fait très forte impression à la lecture des deux premiers tomes! On y suit Nina une orpheline qui va se retrouver à devoir endosser le rôle d’une princesse qui vient de mourir pour sauver les apparences et le royaume. Ce qui m’a surtout marqué dans les 2 premiers tomes que j’ai lu ce sont les personnages, Nina en premier lieu. Elle qui a vécu dans la misère se retrouve coincée au cœur d’enjeu géopolitique qui la dépasse mais même si elle est réfractaire au début (qui ne le serait pas ?), en apprenant à connaître les différentes personnes qui l’entoure elle va se donner corps et âme. Au delà de la combattante et pétillante Nina, j’ai été aussi très surpris par le personnage du roi, tout gentil (bien plus que la reine) et qui se révèle au final être un être abject ! Amour, faux semblants, géopolitique et intrigue, en seulement 2 tomes lus (j’ai du retard mediatheque oblige), le titre se hisse en cinquième position de mes découvertes de l’année !

Frieren

Un des titres que j’attendais le plus cette année. Annoncé comme le vent nouveau de la fantasy, j’ai été rapidement charmé par l’atmosphère qui se dégage du titre. Si je suis un grand amateur de fantasy, c’est ici plutôt le côté tranche de vie qui me plait beaucoup et j’espère d’ailleurs que le titre restera dans cette atmosphère plutôt chill et nostalgique. Les rapports de Frieren avec ses nouveaux compagnons faisant écho à ses souvenirs, son rapport biaisé au temps qui passe en comparaison de ses compagnons humains. Un récit que j’apprécie grandement et qui arrive en 4eme position de mon top!

The Five Star Stories

Inattendu voilà le premier mot qui vient à l’idée tant il aura fallu du temps pour voir arriver ce monument en France! Une oeuvre culte de SF qui aura mis plus de 30 ans pour enfin arriver chez nous, certainement dû en partie à son rythme de parution, car oui le manga est toujours en cours aujourd’hui au Japon avec 16 volumes, de quoi décourager les éditeurs les plus téméraires. Pourtant avec un univers aussi riche, s’étalant sur des milliers d’années, cette oeuvre de SF et de mécha a tout pour séduire le public francophone! En tout cas pour ma part c’est un grand oui! Et on en reparlera un peu plus bas….

La danse du soleil et de la lune

Après avoir entendu tant de bien de Kasane la voleuse de visage (que je suis en train de découvrir), Daruma Matsuura est revenue cette année avec la danse de la lune et du soleil. Transporté par cette histoire d’amour sur fond de folklore entre un samouraï maudit et une mystérieuse femme, je dévore chaque tome à sa sortie. Où va nous amener Matsuura? Quel est le secret que cache Tsuki? Konosuke finira t’il par trouver enfin le bonheur dans cette vie qui ne l’a pas épargné jusque là lui le samouraï qui ne peut manier le sabre? Un superbe conte fantastique porté par le trait envoutant de la mangaka!

Ranking of kings

Et voila mon titre numéro 1 de 2022, Ranking of kings! Un coup de coeur pour moi dès le premier tome, avec ce petit prince au grand coeur, et beaucoup plus solide qu’il n’y parait. Le jeune prince qui, bien que né sourd muet et de faible constitution en comparaison de son colosse de père, n’a qu’un rêve devenir le numéro au classement des rois. Accompagné d’Ombre, il va tout faire pour montrer au monde entier qui il est! Un manga qui fait forcément penser aux contes pour enfant, et surtout comme Bochi n’oubliez jamais qu’à cœur vaillant rien d’impossible!

Meilleur One shot 2022

Tout était déjà joué dès le mois de janvier pour moi avec la sortie de V2 Panzer chez Kana, pourquoi? Et bien parce que Leiji Matsumoto tout simplement! Rien de plus à dire, fidèle à lui même j’y ai trouvé tout ce que j’aime chez ce mangaka de génie! On en veut plus souvent!

Meilleure fabrication

Sans aucun doute c’est pour moi The Five Star Stories. Noeve fait les choses très très bien quand il s’agit de proposer des objets de qualité et d’exception. Et à œuvre exceptionnelle fabrication exceptionnelle, un grand format, des pages couleurs, un papier de qualité, un superbe effet sur la jaquette, bref même si le prix en rebutera plus d’un (18€) le contenant et à la hauteur du contenu. Et voila bien quelque chose qu’on ne pourra pas enlever à Noeve : la qualité et leur savoir faire en matière de fabrication d’objet! Chapeau!

Ma plus grosse déception

Côté déception, ce n’est pas un récit qui m’a déçu mais bien la réédition de Naruto. Un réédition que j’attendais avec impatience, grand format, frise, pages couleurs, bonus de fin de tome, de quoi se prévoir une relecture d’un des classiques du shonen dans les meilleures conditions. Mais la sortie du premier volume a douché les attentes de bons nombres de lecteurs, la faute à un papier transparent permettant de lire un tome double deux fois plus vite qu’un tome simple! Si Kana a depuis communiqué et revu sa copie, je ne comprends toujours pas comment une telle erreur a pu arriver, avec un simple contrôle avec un BàT il n’y aurait pas eu ce problème… Gaspillage, perte financière et shitstorm pour un accident industriel clairement évitable!

Sur ce je vous souhaite à tous et toutes une belle et heureuse année 2023 (en espérant que vous soyez arrivés jusque là). Du bonheur, du plaisir, des loisirs et des lectures à gogo!! On se donne rendez vous rapidement pour parler de mes attentes pour 2023 et en attendant portez vous bien!

Terrarium de Yuna HIRASAWA

Fiche

  • Titre : Terrarium
  • Auteur : Yuna Hirasawa
  • Editeur : Glenat
  • Date de publication française : 02 juin 2021
  • Type : Seinen
  • Genre : Science Fiction, Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 4

Résumé


Chico, la technologue d’investigation et son petit frère Pino arpentent des colonies délabrées où des robots poursuivent leurs tâches comme si de rien n’était. Les deux explorateurs tentent de les accompagner dans leurs derniers souhaits, mais à quoi bon quand la fin approche d’heure en heure ? “Combien de centaines d’années faudra-t-il encore aux humains pour devenir meilleurs ?” C’est la question soulevée par ce récit d’aventure SF crépusculaire.

Mon avis

Voila un titre sur lequel j’avais tout d’abord flashé sur les somptueuses couvertures dont se dégageaient une certaine nostalgie. Dans un flot constant de sorties qui ne semble pas prêt de se tarir, je n’avais finalement pas sauté le pas de l’achat à la sortie, mais comme bien souvent les médiathèques viennent à mon secours (et à celui de mon porte monnaie) pour combler mes envies!

Terrarium, titre en 4 tomes seulement, sorti chez nous via les éditions Glénat entre juin 2021 et février 2022, est un manga de Yuna Hirasawa prépublié dans le comic meteor à partir de 2019. Si le manga n’a pas fait parler de suite de lui, c’est justement les couvertures qui ont suscitées un intérêt chez les libraires japonais qui ont mis la série en avant ensuite et on les comprend!

Mais Terrarium de quoi ça parle? On suit Chico et son frère Pino dans leur voyage au sein des différentes colonies de l’arcologie pour découvrir pourquoi l’énergie vient à manquer progressivement et trouver une solution. Ce voyage est l’occasion de rencontrer et d’échanger avec des robots et des hommes peuplant les différentes colonies, que celles ci soient à l’état de ruine ou encore en fonction. Mais au delà de cette quête pour la survie de l’arcologie, ce sont de nombreuses questions sur l’existence et l’humanité auxquelles vont se confronter notre duo, sans compter l’espoir de retrouver leur mère disparu.

Si tout d’abord, on aborde le récit comme une quête pour sauver leur monde, mais à la lecture j’y trouve plutôt un prétexte pour une quête bien plus profonde, un besoin de réponse à des questions existentielles. On y croise bon nombre de robots qui malgré l’extinction de leur colonie continuent d’œuvrer comme si le temps ne s’était pas arrêter. Mais n’allez pas croire qu’on parle de machines programmer à répéter en boucle des tâches abrutissantes sans tenir compte du reste, ici les robots sont bien plus humains que certains humains. Comment ne pas être touché par cette rencontre avec ce robot médical qui continue à prendre soin de ses patients? Ou ce robot facteur qui n’abandonne pas son courrier malgré les années qui passent dans l’attente d’un sourire de la personne qui recevra les lettres qu’ils distribuent? Si les désactiver s’avère nécessaire pour le futur de l’arcologie on ne peut s’empêcher d’éprouver de la compassion comme Chico lorsqu’elle doit les mettre face à la réalité.

La première rencontre avec une colonie peuplée d’humain, nous permet d’aborder la question de la mort et de son caractère inattendu. On se retrouve dans une zone où le niveau d’eau monte inexorablement et où ils savent du coup précisément quand ils mourront, un peuple résigné qui ne fait plus rien d’autre qu’attendre sans rien faire. On y rencontre 2 jeunes personnes qui elles se battent contre ça veulent d’un avenir, de rêve, et ne veulent pas se résigner. Ce passage m’a fait personnellement beaucoup me questionner sur l’incertitude de la vie, comment j’appréhenderai mon quotidien si je savais précisément quand tout se finirait, vivrai-je pleinement chaque moment? Est ce que le poids de cette information serait trop lourd à porter et finalement réduirait à néant le reste de ma vie comme ce peuple attentiste?

La multitude de paysages désolés et abandonnés que l’on traverse ajoute une forte dose de nostalgie et de mélancolie à cette aventure et je trouve nous plonge dans un état idéal pour appréhender les différents questionnements que l’on trouvera sur la route de Chico et Pino. Le dessin est un vrai régal, les couvertures et leurs couleurs sont déjà sublimes mais l’intérieur n’apporte pas de « mauvaises » surprises! Quelle bonne idée d’avoir quelques pages couleurs en début de tomes aussi pour prolonger l’effet whaou des jaquettes! Bref que ce soit côté narration ou côté visuel Terrarium m’aura vraiment conquis personnellement.

Quand on se retrouve face à des séries si courtes j’ai souvent la crainte d’un titre interrompu prématurément faute de public lors de sa prépublication. Ici bien que je n’ai pas cette information, je ne ressens pas ce sentiment d’un récit avorté en refermant le quatrième volume, si la fin s’ouvre vers un possible retour dans cet univers si particulier (et d’ailleurs la mangaka dit elle même que « le voyage s’achève ici pour l’instant ») le récit est bien arrivé au terme. Les questions ont trouvé des réponses et la mangaka a refermé les portes qu’elle avait ouvert au fil du récit. Est ce que j’en aurais repris pour quelques tomes supplémentaires? Oui, tant l’univers si particulier m’a plu, les rencontres m’ont touché et les questionnements m’ont parlé. Si je ressens un manque après cette fin ce n’est pas dû à de la frustration mais plutôt à une ambiance si particulière que le titre a su me proposer et qui m’a conquise.

The Far East Incident de Aguri Ohue

Fiche

  • Titre : The Far East Incident
  • Auteur : Aguri OHUE
  • Editeur : Vega-Dupuis
  • Date de publication française : 7 octobre 2022
  • Type : Seinen
  • Genre : Suspense / Historique
  • Nb de volumes parus : 1 (En cours de parution)

Résumé

L’Unité 731, créée entre 1932 et 1933 par mandat impérial, était un laboratoire secret, unité militaire de recherche bactériologique de l’Armée impériale japonaise. Officiellement, cette unité, se consacrait à « la prévention des épidémies et la purification de l’eau », mais en réalité, elle effectuait des expérimentations sur des cobayes humains.

Septembre 1945, Tokyo. Le Japon a capitulé devant les États-Unis. Un processus d’après-guerre est alors initié : la traque et l’élimination systématique des armes humaines créées par l’Unité 731, des combattants génétiquement modifiés, vestiges de la guerre.

Dans ce contexte, un soldat démobilisé, Konoe, est recruté et associé avec une jeune fille immortelle, Saika, elle-même née d’une expérience biologique de l’unité 731. Ils devront travailler ensemble pour traquer les créatures hors de contrôle issues de ce laboratoire secret.

Mon avis

Au mois d’octobre dernier, les éditions Vega Dupuis nous ont proposé un nouveau titre à la dimension historique, bien que le titre penche du côté du fantastique avec des expérimentations humaines, je suis toujours partant pour un récit s’inscrivant dans un contexte historique réel. D’autant plus que chez l’éditeur j’ai souvent adhéré aux titres qui proposaient cela que ce soit un Peleliu ou un L’histoire de l’empereur Akihito tout deux terre à terre qu’un Manchuria Opium Squad s’ancrant dans l’Histoire mais laissant une grande place à l’imagination du mangaka. Toujours en cours, le manga de Aguri Ohue prépublié dans le Harta depuis 2018 compte actuellement 4 tomes au Japon.

Le récit de The Far East Incident prend place dans un Japon d’après guerre. Grand perdant de la seconde guerre mondiale, le pays s’est vu imposer la mise sous « tutelle » des forces alliées. C’est dans ce contexte historique classique que nous faisons connaissance avec Konoe, un soldat rapatrié qui va prendre la défense d’une jeune femme prise à partie par la police militaire du GHQ (General Headquarter, qui désigne le commandement suprême des forces alliées qui occupait le Japon à l’issue de la seconde guerre mondiale). Ce qu’il ignore c’est qu’en faisant il va se retrouver mêler à une guerre entre d’un côté les occupants américains et de l’autre un groupe d’anciens soldats japonais qui veulent tout faire pour reprendre le pouvoir. Ce groupe connu sous le nom de groupe 731 est constitué de soldats issus d’expérimentations visant à faire d’eux de super guerriers résistants aux balles entre autres. Konoe va se retrouver à faire équipe avec Saika, une fillette engagée par le GHQ et elle même fruit des expérimentations japonaises de l’unité 731, pour faire le ménage de ces « armes » humaines.

Au cours de ce premier tome classique, on rentre tranquillement dans l’histoire entre découverte des personnages principaux que sont Konoe et Saika, mise en place des enjeux du récit et introduction des antagonistes. On y apprend par exemple les faits d’armes de Konoe, véritable héros sur le front avec un nombre impressionnant de victime à son compteur mais dont les honneurs lui ont été refusés pour avoir tué son supérieur lorsque celui ci donna l’ordre de suicide collectif. Ce sujet d’ailleurs m’intéresse grandement, j’espère qu’il sera abordé un peu plus au fil du récit et que l’auteur prendra partie sur la question de ces actes commis pendant la seconde guerre mondiale. Si il y a quelques affrontements dans ce premier volume, le tout reste plutôt succinct et j’avoue que je m’attendais à un peu plus d’actions au vu de la couverture (mais comme on dit on ne juge pas un livre à sa couverture!).

Du côté historique outre le commandement suprême des forces alliées, on retrouve l’unité 731 si ici on lui associe la création de super soldats, cette unité créée avant guerre avait pour but la création d’armes bactériologiques. Si vous voulez pousser la recherche vous trouverez tout un tas d’infos là dessus mais c’est pas du très joli, comme souvent en temps de guerre me direz vous mais non là c’est un stade assez élevé donc âmes sensibles s’abstenir. Encore une fois, il y a une volonté d’inscrire le récit dans un contexte historique réel mais sans pousser plus avant pour le moment malgré tout.

Si je m’attendais à un premier tome plus punchy, la lecture était plaisante malgré tout. Le tout est bien rythmé entre affrontements, mise en place des liens entre les différents personnages, et quelques petites infos distillées au fil du tome qui donnent envie d’en savoir plus. Le passé de Konoe, qui est Saika, son passé et ses liens avec le membre du groupe 731 Kuromori, bref autant de point que j’ai hâte de découvrir dans les prochains tomes. Niveau dessin le rendu de Ohue est vraiment plaisant et on sent qu’il prend son pied sur le dessin des armes à feu que je trouve particulièrement soigné.

En conclusion, ce premier tome de far east incident s’est montré moins mené tambours battants que ce à quoi je m’attendais mais sans pour autant me déplaire. Un premier tome classique mais dont j’attendrai la suite avec impatience pour voir le développement des personnages mais aussi du côté historique du récit.

Quoi de neuf cette semaine? #38

Bienvenue dans ce nouveau numéro de « Quoi de neuf cette semaine? », qui permettra de faire un point chaque semaine sur les lectures de la semaine passée et ce qui m’attend cette semaine. Ce rendez vous ne sera pas forcément le lundi cela dépendra de ma disponibilité mais j’essaierai d’être le plus régulier possible dans son rythme de parution.

Retour du billet hebdo après une longue absence et je vais essayer de reprendre le rythme régulier du quoi de neuf cette semaine! Peu d’achats, j’arrive donc au bout de ma PAL modulo quelques gros morceaux comme Lone Wolf and Cub ou La vie de Bouddha, mais qu’à cela ne tienne! Je fais tourner à plein régime ma carte de médiathèque et j’ai de quoi lire pour un moment du coup.

Coup d’oeil dans le rétro

Première lecture de ma semaine, le siège des exilées de Akane Torikai. Une dystopie en 2 tomes qui se tient parfaitement, et pour un premier tour du côté de la SF pour la mangaka c’est une franche réussite. J’en aurais bien repris pour un tome ou deux de plus histoire de peaufiner tous les éléments du récit mais je ne reste pas sur ma faim pour autant. L’univers reste très terre à terre, rien d’inconcevable à notre époque (même si le récit se passe dans le futur), on se retrouve dans une société matriarcale, dans laquelle les hommes sont de plus en plus rare et de moins en moins fertiles, tout comme les femmes. Akane Torikai va distiller quelques réflexions sur notre société, sur la justice, et nous propose quelques personnages marquants dans leur envie de (sur)vivre dans ce monde loin de cette société si écrasante qui veut tout cadrer. Une très bonne lecture!

J’ai enchainé avec un des évènements de l’année, Look Back. Première incursion dans l’univers de Fujimoto, je dois avouer ne pas en sortir bouleverser. Je ne dis pas que ça ne m’a pas plu, l’histoire m’a touché et j’ai lu le tout d’une traite mais avec le tapage qu’il y a eu autour je m’attendais à quelque chose de plus fort que ça, de plus impactant, de plus mémorable. Reste que Fujimoto maitrise son truc et il y a un vrai savoir faire dans son découpage pour appuyer sur certains passages, évènements. Une bonne lecture mais pas extraordinaire.

J’ai démarré Made in Abyss pour finir la semaine, depuis le temps que j’attendais de pouvoir l’emprunter! Une entrée en matière classique mais efficace, on pose les bases du monde dans lequel on va évoluer, les personnages et les enjeux. Mais que c’est prenant, l’abysse qu’on nous présente avec ses multiples niveaux, les « malédictions » liées aux différentes profondeurs, un bestiaire qui sera je pense fantastique vu les quelques bestioles qu’on a pu voir dans ce premier tome! Bref j’ai hâte de lire la suite (mais va falloir attendre que l’autre usager qui lit la série les ramène à la médiathèque…)

A suivre?

J’ai de quoi faire pour la suite, ma priorité ira à Nina du royaume aux étoiles dont j’ai les 2 premiers tomes, ensuite je ne sais pas encore mais je pense partir sur en attendant lundi dont le synopsis me parle et m’attire pas mal. Rendez vous lundi prochain pour voir tout ça!

Et le blog?

Côté blog la semaine dernière je vous ai partagé mon retour sur ma lecture des chaventures de Taï et Mamie Sue avec en plus la validation de mini pousse qui a bien accroché!

Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine et de belles lectures à toutes et tous et n’hésitez pas à me dire ce que vous avez lu la semaine dernière et ce que vous avez prévu pour cette nouvelle semaine!

Les chaventures de Taï et Mamie Sue de Kanata Konami

Fiche

  • Titre : Les chaventures de Taï et Mamie Sue
  • Auteur : Kanata KONAMI
  • Editeur : Nobi Nobi
  • Date de publication française : 6 novembre 2019
  • Type : Josei
  • Genre : Comedie
  • Nb de volumes parus : 4 (En cours de parution)

Résumé

Taï, un petit chaton joueur, débarque soudain dans la maison de Sue, une mamie chat paisible qui va très vite s’apercevoir qu’elle ne peut pas quitter ce petit polisson des yeux une seule seconde. La cohabitation s’annonce mouvementée et Sue peut dire adieu à sa vie tranquille !
Que la cohabitation commence !

Mon avis

Bien connu du grand public pour l’incontournable Chi une vie de chat (que je n’ai pas encore lu), Kanata Konami est revenu en 2019 chez Nobi Nobi avec son dernier titre en date Les chaventures de Taï et Mamie Sue. Un titre en cours de parution depuis 2017 dans le Be Love de Kodansha. L’âge de notre ainé avançant, je suis de plus en plus à l’affut de manga qui pourrait lui plaire maintenant ou d’ici quelques années, avec la folie des titres félins qui s’est emparée à un moment du marché du manga il y a de quoi faire en matière de « mignonerie » animalière! Et côté titre jeunesse, je fais confiance à Nobi nobi pour ça, du coup j’ai jeté mon dévolu sur ce premier tome.

Place donc à la rencontre entre un jeune chaton un peu fou fou du nom de Taï et d’une veille chatte nommée Sue. Sue vit avec Natsuki, il vit seul avec elle et se voit du jour au lendemain confié le jeune Taï. De cette cohabitation forcée entre le chaton et la mamie Sue, va s’en suivre tout un tas de scène du quotidien drôle. Nous y suivrons les apprentissages de Taï qui apprendra aux côtés de la chatte ce qu’il doit faire et comment faire. Celle-ci avec son grand âge ne rêve que de journées paisibles, de nombreuses siestes mais l’arrivée du petit chaton va chambouler son quotidien si tranquille jusque là. En plus Taï ne semble pas parti pour passer seulement quelques heures dans cette nouvelle maison. Et pour un chaton tout est prétexte au jeu et à la découverte. Si dans les premiers temps Sue va avoir du mal à sortir de sa routine de mamie, elle semble malgré tout rapidement prendre goût à la présence de ce jeune félin.

Et si je ne suis pas la cible première je pense de ce style de titre, j’ai pourtant lu ça d’une traite et apprécié ma lecture, les scènes du quotidien de nos deux félins s’enchainent et apportent à chaque fois leur lot de sourire. Clairement le genre de lecture qui fait du bien au final en étant 100% feel good et sans aucune prise de tête. Le duo marche à merveille avec ce décalage entre un chaton intenable et une vieille chatte qui ne demande qu’à être tranquille. Si le titre m’a plu, le but était aussi de tester ça avec notre plus grand (qui a 3 ans et demi) et l’expérience a été concluante! Il a été captivé le temps de la lecture, il posait pleins de questions sur Taï et Sue. Bref un succès!

Du côté de l’édition, Nobi Nobi a opté pour une colorisation totale du titre, certainement pour attirer plus facilement le très jeune public qui serait peut être mois réceptif sur un titre en noir et blanc. On trouve en fin d’ouvrage quelques pages de conseils de la SPA pour s’occuper de vos compagnons et un petit kit de paper toy histoire d’avoir une petite activité supplémentaire pour les enfants. Rien à redire du côté du papier et de l’impression le travail est vraiment nickel.

Au final une bonne surprise du côté de ma lecture et un enfant comblé qui en redemande! On continuera donc les chaventures de Taï et Mamie Sue qui marquera donc la première incursion dans le monde du manga de notre petit bout! L’enchainement de chapitre qui n’ont pas de lien entre eux facilite aussi l’accès je pense aux plus jeunes, ne leur demandant ainsi pas de retenir les évènements précédents, tout comme le fait que les chapitres soient courts. Un titre à mettre dans toutes les jeunes mains!