Sans aller à l’école je suis devenu mangaka de Syoichi TANAZONO

Fiche

  • Titre : Sans aller à l’école je suis devenu mangaka
  • Auteur : Syoichi TANAZONO
  • Editeur : Akata
  • Date de publication française : 25 février 2016
  • Type : Seinen
  • Genre : Social / Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 1

Résumé

Faut-il se forcer à rentrer dans la norme et s’intégrer à tout prix dans la société et l’école ? Rien n’est moins sûr… Syoichi Tanazono, en tout cas, dans ce récit de presque 300 pages, nous livre son expérience personnelle, faisant, du même coup, une entrée très remarquée dans le milieu de l’édition au Japon ! Véritable disciple spirituel d’Akira Toriyama, ce jeune mangaka pourrait bien faire parler de lui dans les années qui viennent !

Le jeune Masatomo aurait pu avoir une vie normale : jusqu’à son entrée à l’école primaire, il était en effet un petit garçon plutôt jovial. Mais hélas, en première année, sa trop colérique professeur lui donne un gifle particulièrement violente et pas du tout justifiée. Dès lors, la spirale infernale commence pour Masatomo, qui n’ose plus retourner à l’école : peur du regard d’autrui et des rumeurs, incapacité à sortir de chez lui, difficultés à s’intégrer et à se comporter naturellement avec les autres… Tous les ans, malgré les efforts de ses parents, mais aussi de nombreux professeurs et pédagogues, il n’arrivera jamais à suivre une scolarité ordinaire. Préférant passer ses journées chez lui, à copier des dessins de Dragon Ball… Et si, au fil des pages, une vocation salvatrice était en train de naître ?

Mon avis

Lors de mes pérégrinations sur mangas.io, j’ai lu pas mal de titres issus du catalogue d’Akata que je n’avais pas encore découvert. Et aujourd’hui j’ai envie de revenir sur ma lecture de Sans aller à l’école je suis devenu mangaka. Si bien souvent j’aime à me plonger dans des univers de fiction permettant de poser un peu notre cerveau, j’aime aussi me confronter à des récits beaucoup plus réalistes et durs du quotidien. Le manga d’aujourd’hui ne m’apportera pas de répit cérébral mais ira sur les sentiers des récits qui me touchent tout particulièrement puisqu’on s’intéresse ici à l’enfance et au traumatisme que l’on peut vivre à cette période.

Sans aller à l’école je suis devenu mangaka est un manga de Syoichi Tanazono dans lequel l’auteur revient de manière plus ou moins romancé sur ce qu’il a traversé durant son enfance. On y suit le jeune Masatomo Tanahashi qui après avoir reçu une gifle particulièrement violente et gratuite d’une institutrice à cran, n’arrivera plus à retourner à l’école. Après cet épisode, le petit garçon sera en proie à des cauchemars, tourmenter et vivant dans la peur il s’écartera peu à peu du système scolaire et de facto des enfants de son âge. On reviendra sur ses parents qui n’auront de cesse de chercher un moyen de faire rentrer leur fils dans les rails du système scolaire avec des tentatives de retours à l’école ou une succession d’enseignants à domicile aux méthodes diverses et variées, donnant plus ou moins de résultats sur le jeune garçon.

Loin de critiquer le système scolaire, le manga nous permet simplement de vivre cette phobie scolaire et les différents problèmes que l’on peut rencontrer au travers du regard de Masatomo. Un enfant dont le destin aura basculé suite à la violence d’un adulte et qui n’arrivera ensuite plus à trouver en lui les ressources nécessaires pour poursuivre son parcours scolaire traditionnel. Il essaiera à de multiples reprises avec l’aide de ses parents, mais le décalage avec ses anciens camarades ne se comblera jamais. On se confronte aussi à la cruauté des enfants, qui par leurs regards, leurs mots, leurs gestes peuvent se montrer particulièrement dur entre eux, d’ailleurs même Masatomo deviendra ce genre d’enfant pour récupérer une place parmi ses camarades au détriment bien évidemment d’un autre enfant. Mais encore une fois l’auteur ne jette la pierre à personne et montre que finalement nous pouvons tous devenir ce que nous craignons.

Et le titre reste un beau message positif, en nous parlant de cet enfant dans une détresse forte et de ses parents perdus face à cette situation, nous rappelant que sortir des sentiers conventionnels n’est pas pour autant un synonyme de fin de tout. Le chemin peut sembler plus compliqué, le regard des autres et de la société peut nous sembler plus insistant (ce n’est pas qu’une illusion malheureusement), mais au bout de tout ça on peut y trouver le bonheur et l’épanouissement. Et c’est grâce à une rencontre qu’il n’aurait jamais pensé possible que le petit garçon trouvera finalement ce graal.

Vraiment une très bonne lecture, si le sujet est particulièrement dur de mon point de vue, le manga ne se veut ni larmoyant, ni à charge. On y parcourt avec le regard naïf et perdu d’un petit garçon, une période compliquée dans laquelle il n’arrive pas à trouver sa place ni à exprimer clairement le mal-être qui le ronge. Une lecture qui nous montre que finalement tout passe et que les parcours hors des sentiers banalisés ne sont pas synonymes d’échec, que la « normalité » comme l’entend la société n’est qu’une source de d’angoisse et de tristesse. Alors vivez comme vous l’entendez, tracez votre propre chemin, la route peut être plus longue et difficile (en partie dû aux regards des autres et des préjugés) mais si au bout le bonheur est là c’est bien le principal. Je vous encourage en tout cas vivement à découvrir ce titre!

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