Les Chefs d’oeuvre de Junji Ito Volume 1

Fiche

  • Titre : Les chefs d’oeuvre de Junji Ito
  • Auteur : Junji Ito
  • Editeur : Mangetsu
  • Date de publication française : 1  décembre 2021
  • Type : Shojo
  • Genre : Horreur / Suspense
  • Nb de volumes parus : 1

Résumé

Dix histoires exceptionnelles de Junji Ito, publiées au sein du magazine Asahi Shinbun, sélectionnées parmi le meilleur du mangaka. Cette oeuvre en deux volumes, inédite en France, et avec des commentaires de l’auteur, s’intègre dans une collection grand format spécialement dédiée au grand maître de l’horreur.

Mon avis

Après avoir découvert l’auteur avec Sensor, la suite de mes pérégrinations Itoesque se poursuivent bon train avec le premier volume des Chefs d’oeuvres de Junji Ito. Paru en décembre dernier chez nous, ce premier volume contient 10 histoires que le maitre de l’horreur a choisi lui même.

Si la lecture de Sensor m’avait beaucoup plu que dire de ce premier volume des Chefs d’oeuvres de Junji Ito, si ce n’est wouah! J’ai pris une vraie claque à la lecture des différentes histoires du maitre de l’horreur japonaise et bien plus qu’avec Sensor. Ici les histoires s’enchainent sans autre fil conducteur que l’amour que leur porte leur créateur. Et l’exercice n’a pas dû être aisé au sein d’une telle carrière.

Si les histoires marquent, ce que je retiens c’est la capacité de l’auteur à partir d’un évènement de son quotidien tout à fait banal et quelconque puis de laisser libre cours à son imagination pour travestir cette réalité et en faire une histoire que le lecteur n’est pas prêt d’oublier. Et à la lecture de ce premier volume il y a certaines histoires ou personnages que je ne suis effectivement pas prêt d’oublier! On y retrouve aussi quelques éléments récurrents à commencer par les protagonistes qui, dans cette sélection (ne maitrisant pas suffisamment les œuvres de l’auteur pour en faire une généralité), se trouvent quasiment tous être de jeunes adultes ou adolescents, peut être une volonté de se rapprocher de l’âge de la cible éditoriale ? Autre point récurrent, des évènements inexplicables, qui arrivent de manière plus ou moins brutale dans le récit, et des récits qui se finiront sans aucune explication, nous laissant avec une potentielle angoisse que l’auteur aura fait germer au cours de son histoire. Une réelle science du rythme que l’auteur semble maitriser à merveille et ce même sur ses récits les plus vieux et qui n’est pas sans rappeler un certain Lovecraft.

Je vous propose dans ce billet de vous faire un petit top 3 des récits que j’ai préférés mais avant ça parlons rapidement de l’édition.

Si vous avez lu mon billet sur Sensor on y retrouve toutes les qualités de la collection Ito, un travail soigné pour un superbe objet (papier, hard cover, qualité de la jaquette), et encore une fois le travail indispensable de Morolian dans la traditionnelle postface de la collection. Et j’insiste sur cette postface, car il me semble que dans une édition qui se veut de qualité et de référence sur un titre ou un auteur, c’est un exercice obligatoire et nécessaire pour permettre au lectorat (qu’il soit néophyte ou non) d’aborder et de comprendre au mieux le travail d’un auteur. Que l’on parle de son cheminement créatif, de la recontextualisation d’une oeuvre, du rapport de l’auteur à tel ou tel évènement, etc… Et Morolian nous propose ici encore une postface de qualité! Longue vie à elle et j’espère que son nom sera indissociable de celui de notre maitre de l’horreur pour l’intégralité des titres que nous proposera Mangetsu. Ici nous avons le droit après chaque histoire à un commentaire de l’auteur sur celle ci ainsi que quelques dessins préparatoires et une postface de Ito pour conclure le tout. Si beaucoup ont relevé la qualité des préfaces et des intervenants j’avoue de mon côté ne pas y voir un grand intérêt sinon celui d’un nom plus ou moins connu en préambule, mais au delà de ça….

Après ces quelques lignes, place à ma sélection dans la sélection!

3. Le mannequin

Comment oublier notre rencontre avec la terrifiante Fuchi (qui est d’ailleurs présente dans 2 histoires de ce volume) ? Impossible! Un sourire carnassier, des yeux à vous glacer le sang, une silhouette reconnaissable entre mille, la fameuse mannequin de Junji Ito veut sa place et elle est prête à sortir les crocs pour ça! J’aimerais vraiment voir la personne qui a laissé une sensation telle au mangaka qu’il a après écrit le personnage de Fuchi quand même…

2. La lignée

Une jeune fille qui a perdu la mémoire et qui se retrouve avec une peur panique des chenilles. Son fiancé dont elle a lui aussi complètement oublié l’identité qui va tout faire pour l’aider à lui faire retrouver la mémoire et la reconquérir. Ca commence bien mais on sait bien que le maitre de l’horreur va nous traumatiser à un moment ou à un autre… Sans spoiler l’histoire j’aime bien la façon dont Ito appréhende ici l’héritage familiale et la « transmission » de génération en génération. Il est quand même angoissant le père de Makita quand il se pointe….

1. Lipidemie

Sans aucun doute l’histoire qui m’a mis le plus mal à l’aise et l’auteur prouve encore une fois qu’il n’y a pas besoin d’effusion de sang et de scène hardcore pour nous mettre à mal. Ici rien que l’ambiance de base nous plonge dans une sensation désagréable, cet environnement gras et suintant associé aux changements physiques du jeune garçon nous entraine peu à peu dans le dégoût jusqu’à cette scène qui ne me lâchera pas de sitôt où le jeune garçon en pressant son visage fait couler le gras de son corps au travers des pustules de son visage sur celui de sa sœur. Au delà du côté horreur de l’histoire, les modifications physiques de l’adolescence (sans tenir compte ici des bidons d’huile qu’ingurgite le garçon) et les comportements violents qui peuvent y être associés. Dire que toute cette histoire part de quelques nuitées dans un temple sur des matelas qui puaient l’humidité…. L’esprit de Junji Ito n’a donc aucune limite pour pervertir la réalité!

Loin de l’univers plus « alambiqué » de Sensor qui m’avait beaucoup plu comme découverte de l’auteur, cette sélection d’oeuvre d’Ito par Ito m’a mis une claque. Ce recueil s’impose pour moi comme une excellente porte d’entrée dans l’univers torturé du mangaka avec en prime les petits détails de la création qui montre à quel point la réalité influence ses créations. Un véritable indispensable des mangathèques!

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s