Premiers pas dans l’univers de… Kakushigoto de Koji Kumeta

Fiche

  • Titre : Kakushigoto
  • Auteur : Koji KUMETA
  • Editeur : Vega Dupuis
  • Date de publication française : 11 avril 2019
  • Type : Shonen
  • Genre : Comédie / Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 8 (en cours de parution)

Résumé

Goto Kakushi est auteur de manga et père célibataire d’une petite jeune fille, Hime. Dès le début de l’aventure, la jeune Hime découvre fortuitement le métier de son père, auteur de manga populaires bas de gamme. Problème, Goto n’assume pas du tout son métier, peu considéré par ailleurs au Japon.
Et ce dernier cherche par tous les moyens à le cacher à sa fille, alors qu’il travaille chez lui. S’ensuit un jeu de cache cache permanent où le père qui se fait passer pour un salaryman basique, mène quasiment une double vie. Problèmes : ses amis, ses fans, l’administration, son éditeur… tous savent qu’il est auteur de manga. Tout cela sous l’œil circonspect de la jeune Hime, qui ne comprends pas les gesticulations de son père, mais décide de respecter son besoin de secret.

Mon avis

Voila aujourd’hui une série dont j’ai entendu beaucoup de bien et dont la thématique autour du lien parent-enfant me parle et m’intéresse. Alors si en plus le tout est nappé d’humour je n’en demande pas plus. Comme à l’accoutumé, « Premiers pas dans l’univers de …. » est un retour global sur une lecture de plusieurs tomes de la série et pas seulement d’un premier tome, souvent bien trop juste pour en dégager quelque chose de correct. Ici ce sont les 3 premiers tomes de Kakushigoto que j’ai pu lire avant de faire ce billet.

Mais commençons par le commencement, Kakushigoto est un manga de Koji Kumeta, un mangaka bien connu pour son Sayonara Monsieur Désespoir (dont on espère un jour voir la fin en France). La série débutée en 2015 dans le Gekkan Shonen Magazine (Kodansha) s’est achevée en 2020 au Japon avec son douzième volume et dont le huitième est paru par chez nous il y a 2 mois maintenant nous rapprochant donc grandement de la fin.

On y suit le quotidien de Kakushi Goto et de sa fille Hime sous format épisodique plus ou moins court. Un quotidien rythmé par une multitude de péripéties dues en grande partie au secret qu’essaye de garder tant bien que mal le père de la petite Hime : Il est mangaka! Mais là où ça coince c’est qu’il dessine des mangas un peu osés! Et si déjà il assume assez peu son statut de mangaka, le contenu de ce qu’il propose ne l’encourage pas du tout à dévoiler son lourd secret à sa fille chérie. Sans compter qu’à côté de ça il est un vrai papa poule pour sa petite Hime et qu’il va tout faire pour la protéger de tout ce qu’il peut même si elle n’en a pas besoin.

Forcément pour cacher un secret tel que celui là, il faut une machine parfaitement huilée et espérer qu’aucune poussière ne vienne mettre la zizanie là dedans. Tous les matins ils se séparent, pendant que la petite Hime part de son côté à l’école notre papa mangaka la quitte pour partir à l’opposé dans son costume de salarymen. Un costume qu’il pose dans une boutique le troquant chaque jour contre son short et son t-shirt ! Tout est fait pour que sa vie professionnelle n’interfère pas avec sa vie privée ! Mais bien sûr la vie n’est pas un long fleuve tranquille et que ce soit l’arrivée d’un nouveau responsable éditorial ou carrément un trouble du comportement dans lequel le mangaka n’arrive plus à séparer ses 2 personnalités, tout est propice à nous faire rire. Le moment où le responsable édito arrive chez Kakushi alors qu’Hime est là m’a fait particulièrement rire, tout comme l’envie irrépressible de se mettre au vert pour notre papa mangaka qui pourtant quelques temps plus tôt ne voulait pas du tout juste parce que sa fille par avec sa classe pour quelques jours dans le même secteur.

Après avec un récit structuré de cette manière, à savoir une multitude de petites scènes du quotidien qui s’enchainent sans avoir forcément un vrai lien entre elle, il faut bien avouer que c’est un peu inégal. Et si en lisant un tome on peut se demander si ça va tenir la route et si cet enchainement incessant nous faisant passer d’une situation à une autre ne sera pas lassant à la longue. Après 3 tomes lus, aucune lassitude pour le moment, le mangaka continu à nous proposer des moments drôles, parfois touchants de la vie de notre papa/mangaka sans pour autant arriver à supprimer les passages un peu en dedans (mais ça me semble normal pour un récit structuré de la sorte). Autant certains passages m’ont bien fait rire autant pour d’autres je n’y ai pas vu d’intérêt. Une multitude de personnages secondaires sont introduits au cours du récit, mais beaucoup (pour le moment) sont assez peu exploités et je me serais passé de certains comme par exemple dans la partie où plusieurs femmes pensent que Kakushi les drague. Par contre, j’en apprécie beaucoup plusieurs qui apportent un petit quelque chose au récit, que ce soit la maitresse de Hime, le responsable édito (entre ses boulettes dans la gestion du cas Kakushi Goto et sa pseudo romance avec la nounou de la jeune fille) ou encore certains des assistants du mangaka.

Mais ce qui me plaît le plus dans ce titre c’est tout ce qui tourne autour de la relation parent/enfant et ce delta entre les craintes d’un parent et le ressenti d’un enfant. Les angoisses constantes de Kakushi sur ce que penserait sa fille de son métier, ou sur comment cette dernière vit le fait de n’avoir que son père lors d’une fête de l’école quand les autres ont 2 parents, ou encore comment se sentira t-elle si le plat qu’elle doit préparer en classe de mer ne plait pas ? En tant que parent on peut en rire mais en même temps des fois cela fait réfléchir sur ce qu’on peut ressentir pour nos enfants à tort ou à raison. La question de l’image aussi que l’on peut renvoyer à nos enfants est assez intéressante et ici le choix de Kakushi est assez extrême puisqu’il choisit de mentir à sa fille en lui faisant croire qu’il est un salarymen lambda, mais le choix n’est pas toujours aisé pour les « protéger ». La vérité à tout prix ou le mensonge pour les préserver, voila une question qui revient souvent. Une volonté de rendre sa fille heureuse quoi qu’il lui en coûte que l’on retrouve au fil des (més)aventures de notre papa mangaka. Si le tout se veut drôle chaque fin de tome est l’occasion de faire un saut dans le futur et de retrouver Hime quelques années plus tard et qui semble-t-il devrait découvrir le secret que cachait son père. Et si je n’en sais pas plus sur ce côté là au moment où j’écris ces lignes, il n’en demeure pas moins que ce final laisse une saveur particulière à chaque fin de tome, ne sachant pas trop sur quel pied danser quant à l’absence du mangaka. D’ailleurs j’aime beaucoup le travail fait au niveau des jaquettes des tomes et faisant justement écho à ce saut dans le temps. On retrouve toujours à l’avant Kakushi et Hime alors qu’au dos on retrouve le même décor vieillit et où seule Hime plus âgée nous attend.

Entre quiproquo et situations complétement barrées, le manga nous propose un petit vent de bonne humeur, c’est un petit bonbon bien doux mais qui une fois arrivée à la fin renferme un petit cœur acidulé à l’image des dernières pages qui nous projettent quelques années plus tard et difficile de savoir si l’on en rira ou en pleurera à la fin. Au fil des pages on rit, on s’interroge parfois sur nos comportements de parents et même si certains passages sont en dessous du reste, la lecture de ces 3 premiers tomes restent plaisantes et m’ont fait passer un agréable moment.

2 commentaires sur “Premiers pas dans l’univers de… Kakushigoto de Koji Kumeta

  1. J’ai découvert ce titre (chose assez rare chez moi) via son adaptation anime sortie en 2020.
    Une adaptation condensée, qui se voulait donc plus succincte sur les différents épisodes qui composent cette tranche de vie.

    Et j’ai vraiment été conquis, tant par la simplicité su trait que par la sincérité qui se dégage du titre. Les ruptures de ton lors des allées entre passé et présent, accompagnées d’un certain sentiment de suspension m’ont charmé.

    Un récit tendre, dont je me réjouis de voir qu’il t’ait fait passé un agréable moment. C’est bien là le principal 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci à toi pour ton commentaire!
      Je n’ai pas testé la version animée (faute de temps je n’en regarde plus du tout depuis plusieurs années). Mais comme toi j’ai fortement apprécié le côté authentique du récit. J’ai hâte de continuer ce titre

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