Nobles Paysans de Hiromu Arakawa

Quand Hiromu Arakawa raconte sa jeunesse à la campagne dans l’exploitation familiale, accrochez vous car ça décoiffe !

Fiche

  • Titre : Nobles Paysans
  • Auteur : Hiromu ARAKAWA
  • Editeur : Kurokawa
  • Date de publication française : 14 novembre 2013
  • Type : Shojo
  • Genre : Humour / Tranche de vie
  • Nb de volumes parus : 5 (En cours de parution)

Résumé

Fullmetal Alchemist, Hero tales, Silver Spoon… autant de mangas cultes issus de l’imagination fertile de Hiromu ARAKAWA. Mais saviez-vous qu’avant de devenir la talentueuse mangaka que nous connaissons tous, elle avait passé sept ans à travailler au sein de la ferme familiale ? Avec Nobles Paysans, embarquez pour le Nord du Japon, sur l’île de Hokkaïdo, à la découverte de la ferme Arakawa et de ses habitants hauts en couleurs.

Mon avis

Comme beaucoup de monde je connais Hiromu Arakawa pour son travail exceptionnel avec Fullmetal Alchemist, série qui connait un nouvel élan avec la parution en ce moment de la perfect edition chez Kurokawa. Mais résumer le talent de cette mangaka à FMA ne serait pas lui rendre justice. Lors du premier confinement, le premier tome de Nobles paysans avait été mis à disposition gratuitement en version numérique par Kurokawa, j’avais pu à ce moment là découvrir une œuvre totalement atypique et à l’humour omniprésent. Humour qu’on retrouvait déjà dans les 4Komas des bonus de FMA ou sous les jaquettes des tomes comme me l’a rappelé Nico il y a peu de temps.

Histoire de recaler tout ça dans le paysage des publications d’Arakawa, l’artiste travaille sur Fullmetal Alchemist depuis 2001, elle a aussi démarré en parallèle la publication de Hero Tales depuis 2007 quand elle se lance dans l’aventure Nobles paysans en 2009. Un projet autobiographique dans lequel la mangaka va se pencher essentiellement sur sa vie autour de la ferme familiale. Sans fard et avec un humour débordant elle nous dépeint son quotidien (pas forcément rose) pendant des années entre agriculture, élevage, et son rêve de devenir mangaka.

Car avant de faire vibrer le monde entier avec les aventures des frères Elric et de vivre à Tokyo, c’est sur l’île de Hokkaïdo que la mangaka a vécu. Un lieu réputé pour son agriculture puisqu’il occupe le premier rang à l’échelle du pays. Comme le dit la mangaka dans son œuvre, l’île pourrait vivre en auto-suffisance car sa production excède très largement ses besoins. Bienvenue donc dans un monde bien loin de l’agitation des villes, enfin dans un tout autre type d’agitation! L’occasion de nous plonger dans des anecdotes savoureuses made in Arakawa.

Quand la reine du Shonen devient la reine de l’humour

Ses anecdotes sont d’ailleurs l’occasion de mettre en avant le talent humoristique de la mangaka. Car ce titre est un concentré d’humour, alors autant vous prévenir tout le monde n’accrochera pas. On est sur un style pipi caca (centré assez souvent sur le second d’ailleurs) mais quelle rigolade vraiment. Arakawa sait faire rire c’est indéniable, elle pousse le bouchon, va au bout de ses idées même si c’est cracra mais ça reste savamment dosé. On ne tombe jamais dans l’excès à mon sens, l’artiste contre balançant avec des parties plus informatives sur le milieu agricole ou sur l’exploitation familial.

D’ailleurs c’est assez marrant mais dans ma tête Arakawa est devenue le pendant féminin d’un mangaka bien connu. Lequel? Allez faites un effort si vous prenez la trajectoire d’Arakawa, à savoir un shonen à succès et maintenant un titre savoureux à l’humour pipi caca, et que vous l’inversez ça ne vous fait penser à personne? Bon si ce n’est pas le cas c’est que tout cela est uniquement dans ma tête mais pour ma part je ne cesse de penser à Toriyama avec Dr Slump (si là on n’a pas le meilleur de l’humour pipi caca!) puis Dragonball. Vraiment entre le succès retentissant de FMA, qui a prouvé à tous ceux qui en doutaient que le shonen non c’est pas un truc de bonhomme, et là cette savoureuse autobiographie dopée à l’humour, la ressemblance entre les deux artistes est frappante.

Une renommée au service de l’agriculture

Avec ce titre c’est tout un pan indispensable de la société qu’Arakawa met en avant. Et quoi de mieux qu’une mangaka reconnue pour remettre en avant l’agriculture? Car même si elle ne cache aucun des côtés difficiles du métier d’agriculteur comme le rythme de travail infernal, les quotas qui peuvent mettre à mal une exploitation ou les séparations brutales avec les animaux, elle montre aussi le côté joyeux de la vie à la ferme et ses bons côtés. D’ailleurs c’est assez drôle de voir la réaction de son éditrice (personnage récurrent dans le manga) lorsqu’elle lui parle de certains mets qu’elle pouvait manger à foison en étant à la ferme suite à des échanges avec d’autres agriculteurs, certains de ces produits étant des produits de luxe pour la Tokyoïte.

Par le biais de son titre, il y a fort à parier qu’elle aura plus de chance, qu’un documentaire quelconque, de toucher un public jeune qui, sans pour autant se découvrir une passion pour ce métier pourra au moins si intéresser un peu plus. Pour les adultes comme pour les plus jeunes, le manga est rempli d’informations intéressantes sur le milieu agricole et sur certaines pratiques : l’explication des quotas laitiers, leur impact sur une ferme, le quotidien dans un lycée agricole. Bref une vraie mine d’or sur un milieu bien trop souvent mis de côté et peu mis en valeur.

C’est une information intéressante malgré tout ^^

Encore une fois Arakawa ne fait pas l’apologie de l’agriculture, elle en montre plus qu’il n’en faut pour vous dissuader de vous lancer tête baissée là dedans. Mais elle met par cela le dur labeur des agriculteurs en avant comme on le voit bien trop rarement dans un média grand public.

La famille pas épargnée

Et avec son vécu pas besoin d’aller chercher bien loin pour nous parler du quotidien d’une ferme. Et après avoir suivi Arakawa sous l’apparence d’une vache sur les petites scènes de FMA, Nobles paysans est l’occasion de découvrir l’intégralité de sa famille elle aussi grimée en bovins. Et l’artiste n’épargne aucun détail savoureux aux lecteurs que nous sommes et va forger au fil des tomes la légende de papa Arakawa! Et le père de la mangaka à chacune de ses apparitions c’est le rire quasi assuré, elle n’a aucun scrupule à parler des moments plus ou moins gênants (sortie en slip à la sortie du bain pour aller à l’étable ou des passages à la limite de la légalité ^^). Une famille très drôle dont on aime suivre le quotidien et les anecdotes.

La légende de Papa Arakawa!

D’ailleurs certaines histoires sont incroyables, quand on voit ce qui arrive à papa Arakawa on peut se demander s’il n’y a pas de surenchère, mais ayant quelques petites anecdotes de la campagne et du monde paysan, je crois sincèrement que tout est plausible. Est ce que j’ai vu une grand mère tombé d’un tracteur sur le bitume? Oui. Est ce qu’elle avait le nez éclaté, cartilage visible et qu’elle a juste pris une serviette pour essuyer tout ça en mode pas de soucis j’éponge et au passage j’enlève encore plus la peau? Oui! Est ce qu’elle nous a donné une leçon de break dance alors qu’elle avait une épaule démise? Oui!!! Tout ça pour dire que les paysans ce sont des forces de la nature! Alors que papa Arakawa ait survécu a des trucs de folies, j’y crois sincèrement, puis quand en plus ses animaux se sacrifient pour lui de toute façon il peut rien lui arriver à ce monsieur.

Décrit au début comme un récit autobiographique, je trouve pour ma part qu’on s’en éloigne très vite. Au début on voit son arrivée à Tokyo, on parle de la ferme ensuite mais pour moi ce sont plutôt des instants de vie utilisés pour mettre en avant le travail agricole ou tout simplement pour rigoler un bon coup mais sans forcément avoir un fil conducteur qui nous permettra de passer en revue la vie de la mangaka. On passe d’une époque à une autre sans aucun soucis ou d’un sujet à un autre, ce qui fait qu’à mon sens on ne peut pas vraiment parler d’autobiographie ou du moins pas du tout exhaustive.

Côté édition, c’est toujours du côté de Kurokawa qu’il faut se tourner pour avoir sa dose d’Arakawa (de là à dire que c’est leur vache à lait… On la valide celle ci?), et je trouve osé de leur part d’avoir pris le pari de sortir cet ovni en France. Car même si le nom de l’artiste est vendeur, ce titre sort des sentiers battus, mais c’est un vrai bonheur de pouvoir le lire par chez nous et de profiter de l’humour et des frasques de la famille Arakawa. Côté rythme de parution on est sur un rythme très lent puisque nous avons 5 tomes parus en 12 ans de publication, reste à voir si la fin de son autre série agricole Silver Spoon permettra d’accélérer le rythme de Nobles Paysans et Arslan. Le format proposé par Kurokawa est assez agréable (vous commencez à le savoir mais j’apprécie les formats un peu plus grand) grand et pas trop épais, reste que le prix d’un peu plus de 9€ pour un tome de 120 pages peut en dissuader plus d’un.

Au final

Reste qu’à mon sens, ce manga est un petit bijou sortant de ce qu’on peut trouver généralement. Instructif, drôle, Arakawa nous invite à la découverte du monde qui a été le sien pendant de nombreuses années. Variant pédagogie et humour, elle livre une copie parfaitement équilibrée rendant la lecture ultra plaisante et divertissante, nous permettant de passer d’un fou rire à des sujets plus sérieux sans aucune lourdeur. Une lecture aussi digeste que le lait de la ferme familiale des Arakawa!

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce titre si vous ne l’avez pas encore lu! N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé du titre si vous l’avez déjà lu. Sur ce bonne journée et à la prochaine!

6 commentaires

  1. Depuis que tu en parles régulièrement, j’attendais ton avis avec impatience.
    Bien qu’on s’en éloigne rapidement, j’apprécie le côté autobiographique qui prouve que la mangaka sait de quoi elle parle et qu’elle le fait avec beaucoup d’humour et un certain recul.
    C’est super qu’elle dépeigne par l’exemple tout un pan économique d’un pays, un pan bien souvent oublié alors qu’indispensable. Quant aux côtés difficiles d’une vie de paysans, cela ne fait pas de mal de le rappeler, et si c’est par le prisme de l’humour, c’est encore mieux 🙂 Cela évite le pathos tout en sensibilisant en douceur.
    Quant au papa, tu donnes envie de connaître cette force de la nature qui semble apporter par mal de comique à l’œuvre.

    Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton commentaire! Oui la mangaka sait de quoi elle parle et effectivement elle dose vraiment bien l’humour et la mise en avant de manière plus sérieuse du milieu agricole. Papa Arakawa c’est quelque chose en effet, il est à mourir de rire ! J’espère que tu auras l’occasion de découvrir ce titre qui sort des sentiers battus en tout cas

      Aimé par 1 personne

  2. […] Nobles Paysans de Hiromu Arakawa : majolou parle avec beaucoup de passion de cette série drôlissime. Comme lui, j’adore l’humour de cette autrice et la retrouver dans une autobiographie au format 4 cases est un vrai plaisir. On embarque sur l’île de Hokkaido pour retrouver Hiromu Arakawa, sa famille et de nombreuses anecdotes, savoureuses sur la vie agricole. Son humour fait mouche ! De mon côté, je n’avais pas poursuivi ma lecture, mais cette chronique m’a relancée puisque j’ai acheté les tomes 2 à 5 il y a quelques jours. […]

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  3. Coucou ! Tout d’abord, merci beaucoup pour la mention ^_^ (bon j’écris avec mon autre compte mais je suis la même personne hihi)

    Ensuite, le fait que tu en aies parlé assez récemment m’a vraiment donné un coup de boost pour reprendre la série (et je n’ai eu aucun mal pour acheter les tomes, donc je suis ravie) ! Donc merci ! J’adore l’humour de la mangaka – il fait mouche à chaque fois, me concernant. Et puis, niveau autodérision on est vraiment pas mal là.

    D’ailleurs, ça fait un très bon parallèle à Silver spoon, et même si les deux œuvres sont totalement dissociables, Nobles paysans permet d’apporter un autre éclairage sur le monde agricole. ^^

    Aimé par 1 personne

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